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La bête du gévaudan
- Publié le 16/01/2026
- Temps de lecture : 3min
La bête du Gévaudan
Histoire et mystère en Lozère
Entre 1764 et 1767, le Gévaudan, aujourd’hui l’Aubrac lozérien, fut le théâtre d’événements qui firent trembler les habitants : les attaques de la célèbre « Bête du Gévaudan ». Cette période mystérieuse et dramatique a marqué l’histoire locale, laissant derrière elle récits, légendes et témoignages qui continuent d’attirer l’attention des passionnés d’histoire et des visiteurs curieux.
Un fléau historique
Entre le 30 juin 1764 et le 19 juin 1767, de nombreuses attaques, souvent mortelles, furent recensées dans le nord du Gévaudan (actuelle Lozère), avec quelques incidents signalés dans le sud de l’Auvergne et le nord du Vivarais et du Rouergue. Selon les sources, le nombre de victimes varie entre 88 et 124.
La « Bête du Gévaudan » devint rapidement plus qu’un fait divers local. Les autorités royales mobilisèrent des troupes pour la traquer, tandis que la presse de l’époque s’empara de l’histoire, publiant de nombreux articles et alimentant les spéculations sur la nature de l’animal et ses motivations. Certains parlaient d’un loup gigantesque, d’autres d’un animal exotique, voire d’un loup-garou. Les théories allaient du châtiment divin à l’idée d’un animal dressé pour tuer.
La traque et la fin du mystère
Deux animaux furent finalement abattus entre 1764 et 1767.
Le premier, un grand loup, fut tué en septembre 1765 par François Antoine, porte-arquebuse du roi, sur le domaine de l’abbaye royale des Chazes.
Le second animal, tué par Jean Chastel le 19 juin 1767 à La Besseyre-Saint-Mary, est traditionnellement considéré comme la véritable Bête du Gévaudan. Après cet événement, plus aucune attaque mortelle ne fut enregistrée.
La Bête du Gévaudan sur notre territoire
L’Aubrac lozérien fut directement concerné par ces attaques. Le 20 décembre 1764, une fillette de 12 ans fut tragiquement dévorée par la Bête dans le hameau du Puech, paroisse du Fau-de-Peyre. Quelques jours plus tôt, le 18 décembre, une domestique agricole avait réussi à blesser l’animal à trois reprises avec une hache alors qu’elle travaillait dans un champ. Ces événements témoignent de l’impact dramatique de cette période sur notre territoire.
Les récits et archives de cette époque, notamment l’ouvrage La Bête du Gévaudan : 1764-1767 de Jean-Marc Moriceau (Édition Larousse, 2008), permettent de revivre cette page unique de l’histoire locale.